09 / Espaces extérieurs

Aménagement extérieur : terrasses, allées, escaliers, murets et dallages à Saint-Rémy-de-Provence

Des sols et des murs qui vieillissent bien.

En Provence, on vit dehors une grande partie de l’année. La terrasse est une pièce à part entière, l’allée relie la maison au jardin, le muret retient la terre et sert de banc. Ces ouvrages se construisent pour durer et pour bien vieillir, au même titre que la maison. Nous concevons et réalisons terrasses de jardin, allées, escaliers, murets et dallages à Saint-Rémy-de-Provence et dans les Alpilles, avec les pierres et les techniques du pays.

Illustration à l’aquarelle : terrasse en pierre, larges marches et allée courbe entre murets, lavande, olivier et romarin.
Illustration d’ambiance.
Lire le guide complet11 parties · environ 2 100 mots · 9 min de lecture

S’inscrire dans un paysage

Les abords d’une maison provençale traditionnelle obéissent à une logique simple. Au sud, devant la façade principale, une terrasse ombragée par une treille, un platane ou un micocoulier. Au nord, une haie de cyprès contre le mistral. Entre les deux, des sols minéraux près de la maison, qui s’effacent vers le jardin et la campagne. Des murets bas retiennent les terres. Rien de démonstratif : des matériaux pris sur place, des lignes dictées par le relief et par l’usage.

Un aménagement réussi prolonge cette logique. Il part de la maison, de ses seuils et de ses niveaux, et du terrain tel qu’il est : sa pente, ses arbres, ses vues, ses écoulements d’eau. Il emploie peu de matériaux différents, 2 ou 3 au plus, choisis parmi ceux que l’on retrouve dans les murs et les sols anciens des alentours. Les recommandations paysagères propres au massif vont dans le même sens : le cadre patrimonial des Alpilles.

Avant de dessiner, on regarde ce qui existe déjà et mérite d’être conservé : un vieux dallage, un seuil de pierre, un muret effondré dont les pierres sont encore là.

Pierres, terres cuites et galets

Le choix du matériau engage l’aspect, le confort et la tenue de l’ouvrage.

MatériauAspect et confortPoints d’attention
Pierre calcaire neuveDu blanc cassé au beige doré ; reste fraîche sous le pied lorsqu’elle est claireChoisir une pierre dure, non gélive, à surface non glissante : vieillie, brossée, bouchardée ou adoucie
Dalles de réemploiSurface polie par l’usage, dimensions irrégulièresPose plus longue, chaque pierre étant calée individuellement ; approvisionnement variable
Terre cuiteCarreaux, tomettes, briques à plat ou sur chant ; chaleur de tonProduits ingélifs ; traitement contre les taches
GaletsMatériau de la caladeCalibre homogène ; pose lente
Pavés de pierreSeuils, bordures, zones de passageFondation soignée
Graviers et sables stabilisésAllées et surfaces perméablesBordures nécessaires

La terrasse de jardin : emplacement, niveau, fondation

Il s’agit ici des terrasses posées sur le terrain. Celles qui couvrent une pièce habitée relèvent d’une autre technique : les terrasses sur étanchéité et les dalles sur plots.

L’emplacement

La terrasse principale se place traditionnellement au sud ou au sud-est, à l’abri du mistral derrière le volume de la maison. L’ombre se prévoit dès le projet : arbre à planter, treille, pergola dont les poteaux recevront des massifs de fondation.

Le niveau

Le sol fini doit se trouver sous le niveau du seuil de la maison, de quelques centimètres au moins, et présenter une pente de 1,5 à 2 % qui éloigne l’eau de la façade. Une terrasse de niveau avec le seuil, ou en pente vers la maison, est une cause fréquente d’entrées d’eau par les portes-fenêtres. Sur une maison ancienne, on veille aussi à ne pas remonter le sol extérieur contre le pied du mur, ce qui y enfermerait l’humidité.

La fondation

Un dallage vaut ce que vaut son assise. Le sol est décaissé jusqu’au bon sol, la terre végétale retirée. Un géotextile est déroulé, puis une couche de grave concassée, de 15 à 25 cm selon la nature du terrain, est mise en place par couches et compactée. Dans les sols argileux, qui gonflent l’hiver et se rétractent l’été, cette épaisseur augmente et le drainage se soigne.

Sur cette fondation vient, selon le mode de pose, une dalle en béton armé avec joints de fractionnement, ou directement le lit de pose. Le long de la maison, un joint souple désolidarise la terrasse de la façade : les 2 ouvrages n’ont pas les mêmes fondations et ne bougent pas ensemble.

Les rives

La terrasse est tenue sur ses bords par une bordure en pierre, un muret ou une rangée de dalles scellées. Sans cette butée, les dalles de rive finissent par s’écarter.

Dallages : modes de pose et appareillages

La pose scellée sur dalle béton. Les dalles sont posées à bain de mortier sur une dalle armée, selon les règles de l’art applicables aux revêtements de sol scellés. C’est la technique la plus robuste, adaptée aux pierres d’épaisseur variable et aux terres cuites. Un dispositif de drainage sous le mortier limite les remontées d’humidité et les efflorescences blanches qui tachent les pierres claires.

La pose sur lit de sable ou de gravillon. Les dalles épaisses ou les pavés reposent sur un lit de pose drainant, au-dessus de la fondation compactée, et les joints sont garnis de sable ou laissés enherbés. Le sol reste perméable, les pierres peuvent être reprises une à une. Cette pose convient aux terrasses de jardin, aux abords de bassin et aux allées.

L’appareillage

Le dessin du dallage compte autant que la pierre :

  • l’opus romain, combinaison de 4 ou 5 formats rectangulaires, le plus classique ;
  • les bandes à longueurs libres, de largeur constante, sobres et faciles à vivre ;
  • l’opus incertum, assemblage de dalles aux contours irréguliers, qui demande du coup d’œil pour équilibrer grandes et petites pièces.

Les joints

Sur un dallage ancien ou d’esprit ancien, les joints se font au mortier de chaux et de sable, d’une teinte proche de la pierre, arasés et brossés : la chaux et ses usages. Les joints en ciment gris, durs et tranchés, vieillissent mal sur les pierres calcaires.

La calade provençale

La calade est un sol de galets ou de pierres posés sur chant, serrés les uns contre les autres. C’est le revêtement traditionnel des ruelles de village, des cours de ferme, des aires de battage, des rampes et des seuils d’écurie.

Son principe tient en peu de mots. Les galets, choisis allongés et de calibre homogène, sont plantés verticalement dans un lit de pose, côte à côte, de façon que chacun cale ses voisins. Seule leur tranche affleure. Des lignes de pierres plus grosses, les nervures, divisent la surface en panneaux, guident l’eau et retiennent l’ensemble dans les pentes.

Il existe 2 mises en œuvre :

  • la pose traditionnelle sur lit de sable et de terre, sans liant : le sol reste perméable et souple ; il demande un calage parfait et des rives solides ;
  • la pose sur mortier maigre de chaux, avec des joints garnis d’un coulis ou d’un sable stabilisé, pour les surfaces soumises au ruissellement ou au passage de véhicules.

Ouvrage lent, posé galet par galet, la calade trouve sa place sur les seuils, les pieds de façade, les rigoles, les passages en pente, souvent associée à un dallage, en bandes de calade encadrées de dalles.

Une calade ancienne se restaure : dépose des zones affaissées, reprise de la fondation, repose des galets d’origine.

Les allées de jardin

Une allée relie : la maison au potager, la terrasse au bassin, le portillon à la porte. Son tracé suit le chemin que l’on emprunte naturellement ; une allée qui contraint à un détour est vite doublée d’un sentier battu dans l’herbe.

La largeur. Environ 80 cm pour un passage simple, 1,20 à 1,50 m pour marcher à 2 ou passer avec une brouette.

Les revêtements.

  • Le gravier concassé calcaire, sur une fondation compactée et un géotextile : perméable, économique, il demande une bordure pour ne pas migrer et un ratissage périodique.
  • Le sable stabilisé, mélange de sable calcaire et d’un liant en faible proportion, compacté : il donne des allées claires et fermes, d’aspect naturel.
  • Le pas japonais, dalles isolées posées dans le gravier ou la pelouse au rythme de la marche, soit un entraxe de 60 à 65 cm.
  • Le dallage ou le pavage, en continuité avec la terrasse, pour les allées principales.

Les bordures. Elles tiennent le revêtement et dessinent l’allée : pavés posés sur chant, bordures de pierre, voliges métalliques discrètes, rang de briques ou de galets.

La pente. Une allée en pente se ravine si l’eau y court librement. Un profil bombé ou en dévers rejette l’eau sur les côtés ; sur les pentes marquées, des rigoles transversales en pierre ou en galets la détournent vers les plantations.

Les voies où l’on roule obéissent à d’autres exigences de portance : les cours et accès carrossables.

Les escaliers extérieurs

Un escalier de jardin doit être confortable, sûr par temps de pluie, et paraître posé là depuis toujours.

Les proportions

Dehors, on marche d’un pas plus ample qu’à l’intérieur. Les marches sont donc plus basses et plus profondes : une hauteur de 13 à 16 cm pour un giron de 32 à 40 cm. La relation classique entre les deux veut que 2 hauteurs plus 1 giron fassent environ 64 cm, la longueur d’un pas. Toutes les marches d’une même volée ont rigoureusement la même hauteur : une marche différente des autres fait trébucher.

Au-delà d’une dizaine de marches, un palier rompt la montée. Chaque marche présente une légère pente vers l’avant pour que l’eau ne stagne pas.

La construction

  • Les marches massives : des blocs de pierre pleine, posés à recouvrement les uns sur les autres.
  • Les marches maçonnées et habillées : un noyau en maçonnerie ou en béton, recouvert de dalles en pierre pour le dessus, avec un nez de marche arrondi ou chanfreiné, et de pierre ou d’enduit pour la contremarche.
  • Les pas d’âne : rampes à larges degrés, en calade tenue par une bordure de pierre, pour les jardins en pente.

L’escalier repose sur une fondation à sa base. Ses flancs sont tenus par des murets, des limons maçonnés ou le talus planté.

Murets et murs de soutènement

Le muret maçonné

Bas, de 40 à 80 cm, il délimite une terrasse, borde un massif, sert d’assise. Il est monté en pierres du pays hourdées au mortier de chaux, sur une fondation. Son couronnement, la partie la plus exposée, se traite avec soin : pierres plates en débord formant goutte d’eau, pierres dressées sur chant, ou chaperon arrondi au mortier. Un muret non protégé en tête se dégrade par le haut.

Le mur de soutènement

Dès qu’un mur retient des terres, il subit une poussée qui croît vite avec la hauteur. Son épaisseur, sa fondation et surtout son drainage doivent être dimensionnés. L’eau accumulée derrière un mur est la première cause d’effondrement : un remblai drainant en pierres, un drain en pied et des barbacanes, ces ouvertures qui traversent le mur, lui permettent de s’échapper. Au-delà d’une certaine hauteur, ou en présence de charges en tête, une étude de structure est nécessaire.

La pierre sèche

Les restanques, ces murs des anciennes terrasses de culture, sont bâties sans aucun mortier. Leur tenue repose sur le poids des pierres et sur l’art de les assembler : chaque pierre posée sur 2 autres, joints croisés, longues pierres traversantes ancrant le parement dans le remblai, léger fruit, c’est-à-dire inclinaison du mur vers la terre, couronnement de pierres lourdes.

Un mur en pierre sèche est drainant sur toute sa hauteur et tolère de petits mouvements sans rompre. L’art de la construction en pierre sèche est inscrit depuis 2018 par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Une brèche dans une restanque ancienne se remonte en réemployant ses propres pierres.

Concevoir pour le soleil, le gel et les racines

Le soleil. La teinte et la nature du revêtement déterminent sa température en été. Pierre claire, terre cuite et calade restent praticables ; les matériaux sombres ne le sont pas.

Le gel. Rare et bref dans les Alpilles, il existe pourtant, et une pierre poreuse gorgée d’eau n’y résiste pas. Seules des pierres et des terres cuites dont la tenue au gel est établie se posent en extérieur.

Les racines. Pins et platanes soulèvent les dallages. On s’en tient à distance, ou l’on choisit près des arbres une pose souple sur sable, facile à reprendre.

L’eau. Tout aménagement doit dire où va l’eau lors des orages : pentes, sols perméables, ouvrages d’infiltration se décident à l’échelle de la parcelle : la gestion de l’eau de pluie.

Du projet au chantier

Un aménagement se prépare sur le terrain : niveaux, seuils, réseaux existants, arbres à préserver. Dans un devis, les pierres se désignent par leur nature, leur finition et leur épaisseur. Sur le chantier, les fourreaux pour l’éclairage et l’arrosage se posent avant les revêtements.

L’automne et le printemps sont les meilleures périodes pour ces travaux. La durée du chantier dépend de la surface, du mode de pose et des temps de séchage.

Les premières questions

Questions fréquentes

Quelle pierre choisir pour une terrasse autour d’une piscine ?

Une pierre calcaire claire, dense, non gélive, à la surface adoucie mais non polie. Elle reste fraîche et ne glisse pas. Les margelles se taillent dans la même pierre.

Peut-on créer une terrasse sur un terrain en pente ?

Oui, en la portant par un mur de soutènement ou en la divisant en paliers reliés par quelques marches. Le mur et son drainage se dimensionnent selon la hauteur de terre retenue ; plusieurs paliers bas sont souvent préférables à un seul grand remblai.

Dallage scellé ou posé sur sable ?

Scellé pour une terrasse attenante à la maison, très sollicitée, ou pour des pierres minces. Sur sable pour les allées, les terrasses de jardin et partout où l’on souhaite un sol perméable et réparable.

Les herbes poussent-elles dans les joints ?

Dans les joints au sable, oui, modérément ; un passage régulier ou un enherbement choisi règle la question. Dans les joints à la chaux bien serrés, très peu.

Peut-on poser un dallage neuf sur une ancienne terrasse en béton ?

Oui si la dalle est saine, sans fissure active, avec une pente correcte, et si la hauteur disponible sous les seuils le permet. Sinon, mieux vaut déposer et repartir de la fondation.

Comment entretenir un dallage en pierre ?

Au balai et à la brosse, avec de l’eau et du savon noir, sans produit acide ni haute pression : l’entretien des sols extérieurs.

Bon à savoir

Avant les travaux

Assurance de l’entreprise

Nos ouvrages sont couverts par notre assurance de responsabilité décennale, dont l’attestation vous est remise avec le devis. Pendant 10 ans à compter de la réception des travaux, cette garantie légale couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. Elle s’applique aux ouvrages de construction ; les interventions d’entretien courant n’en relèvent pas.

Formalités et Bâtiments de France

Certains travaux modifient l’aspect extérieur d’une construction : changement de tuiles ou de teinte, ravalement, création d’une ouverture, mur, clôture, portail, terrasse. Selon le secteur et le plan local d’urbanisme, une déclaration préalable peut être nécessaire ; nous vérifions ce point avec vous avant les travaux.

Lorsque la maison se trouve dans les abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial, les travaux visibles sont soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, dont l’avis porte sur les matériaux, les teintes et les détails de mise en œuvre. L’instruction est alors plus longue : mieux vaut l’intégrer au calendrier dès le devis.

Un chantier soumis à autorisation ne démarre qu’une fois celle-ci obtenue.

Où intervenez-vous ?

Nous intervenons à Saint-Rémy-de-Provence et dans les Alpilles. Indiquez-nous votre commune : nous vous disons si nous pouvons nous déplacer.

Suivi du chantier

Le devis décrit les travaux prévus et les matériaux employés.

Commençons par votre lieu

Une toiture à reprendre.
Un lieu à faire évoluer.

Décrivez les ouvrages concernés, vos attentes et les éléments que vous souhaitez conserver.