01 / Toiture
Couverture traditionnelle, rénovation et réfection de toiture à Saint-Rémy-de-Provence
Des toits pensés pour le mistral et le soleil.
Un toit provençal se reconnaît de loin : des pentes douces, des tuiles rondes aux teintes mêlées, une génoise qui souligne la façade. Derrière cette image se trouve un ouvrage technique, exposé au mistral, aux orages d’automne et à un soleil qui travaille les matériaux presque toute l’année. Nous rénovons et refaisons les toitures de Saint-Rémy-de-Provence et des Alpilles, du mas à la maison de village. Cette page explique comment se décide et se conduit un chantier de couverture complet.

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Le toit provençal, une architecture née du climat
En Provence, la faible pente des versants, le plus souvent entre 25 et 35 %, répond à 2 contraintes : laisser peu de prise au vent et permettre la pose de tuiles canal, qui tiennent d’abord par leur poids et leur recouvrement. Les mas des Alpilles tournent le dos au mistral : façade nord presque aveugle, toit qui descend bas de ce côté, ouvertures regroupées au sud.
La tuile canal fonctionne selon un principe simple. Les tuiles de courant, posées creux vers le ciel, forment des rigoles qui conduisent l’eau jusqu’à l’égout. Les tuiles de couvert, posées à cheval sur 2 rangs de courants, ferment les joints. Entre les deux, l’air circule et la terre cuite sèche après chaque pluie.
S’y ajoutent 3 éléments, qui signent l’architecture locale :
- la génoise, corniche faite de 2 à 4 rangs de tuiles scellées en encorbellement, qui porte l’égout du toit à distance de la façade et protège l’enduit ;
- les rives et le faîtage maçonnés, qui lestent les bords du toit face au vent ;
- les souches de cheminée enduites, couvertes de tuiles ou d’une dalle de pierre.
Cette logique est le point de départ de toute intervention. Un toit ancien possède des atouts qu’une rénovation mal pensée peut détruire en une saison : ventilation naturelle, souplesse des mortiers, capacité à évacuer l’humidité.
Rénovation ou réfection : comment se prend la décision
Ces 2 mots sont souvent confondus. Ils désignent des chantiers différents.
| Rénovation | Réfection | |
|---|---|---|
| Principe | On conserve l’essentiel de l’existant | On reprend l’ouvrage en profondeur |
| Tuiles | Déposées, triées, reposées avec un complément | Neuves, ou mixtes neuves et anciennes |
| Charpente | Conservée, reprises locales | Traitée, renforcée ou remplacée en partie |
| Support | Éléments abîmés remplacés | Refait entièrement |
| Écran et isolation | Selon l’accès et l’état | Intégrés au chantier |
| Zinguerie | Contrôlée, reprise si nécessaire | Refaite |
| Quand la retenir | Bois sains, tuiles encore majoritairement utilisables | Désordres de structure, interventions passées qui se contredisent |
Plusieurs indices orientent le choix :
- des infiltrations qui réapparaissent à des endroits différents d’une année sur l’autre ;
- des tuiles qui glissent régulièrement, signe d’un support fatigué ou d’une pente mal adaptée ;
- un faîtage ou des versants qui ondulent à l’œil nu ;
- des bois qui sonnent creux ou présentent des galeries d’insectes ;
- une isolation absente alors que les combles sont occupés.
Une réfection complète ne se justifie pas quand une intervention plus légère suffit ; à l’inverse, des rapiéçages répétés finissent par coûter plus cher qu’un chantier d’ensemble. Si le toit est sain et ne présente qu’un défaut localisé, la réponse se trouve ailleurs : la réparation de toiture et le remaniement ou le remplacement de tuiles.
Le diagnostic avant le devis
Un devis de couverture se prépare sur le toit et dans les combles. L’examen porte sur 3 zones.
Depuis l’extérieur, on observe la planéité des versants, l’alignement des rangs, l’état des tuiles (fissures, délitage, porosité, mousses installées), la tenue des scellements en faîtage et en rive, l’état de la génoise et des raccords autour des cheminées.
Depuis l’intérieur, l’examen porte sur la charpente : pannes, chevrons, appuis dans les murs, traces d’humidité ancienne ou active, présence d’insectes xylophages ou de champignons. Le type de support et l’isolation en place sont relevés.
Autour de la maison, on note les conditions d’accès, la proximité des arbres, l’exposition au vent, l’état des gouttières et des descentes. Un pin d’Alep qui surplombe un versant nord n’appelle pas le même entretien qu’un toit dégagé en plein sud.
Le devis décrit les travaux prévus : dépose, support, couverture, points singuliers, zinguerie, évacuation des gravats. Lorsqu’un doute subsiste sur l’état d’une pièce de charpente invisible avant dépose, mieux vaut qu’il soit écrit et chiffré à titre d’hypothèse.
Charpente et support : ce qui porte la couverture
Une couverture en tuiles canal pèse lourd : plusieurs dizaines de kilos par mètre carré selon le format et le mode de pose, davantage lorsque les tuiles sont scellées. La charpente doit porter ce poids sans fléchir, et le support offrir aux tuiles une assise régulière.
La charpente
Les charpentes anciennes des Alpilles sont simples : pannes posées de mur à mur, chevrons, parfois des fermes dans les grands volumes agricoles. Les bois ont pu souffrir d’infiltrations prolongées au niveau des appuis. Les pièces atteintes sont remplacées à section égale ou supérieure, renforcées par moisage lorsque c’est pertinent, et les bois conservés sont traités si la présence d’insectes le justifie. Les travaux lourds de structure relèvent d’un charpentier.
Le support
Il existe 3 solutions :
- le voligeage jointif, plancher continu de planches sur lequel reposent les tuiles, solution traditionnelle qui donne un sous-toit soigné, visible par exemple sous un débord ;
- le liteaunage ou les quartons, tasseaux fixés dans le sens de la pente, qui calent chaque rang de courants ;
- les plaques support de tuiles, ondulées, qui forment une seconde barrière à l’eau sur les pentes faibles. Elles rendent service à condition de respecter la ventilation en sous-face et de ne pas les considérer comme la couverture elle-même.
Le choix dépend de la pente, de l’exposition, de l’usage des combles et des règles d’urbanisme applicables à la maison, certains secteurs protégés n’admettant pas tous les supports.
La pose des tuiles canal
La pose des tuiles canal est décrite par un document technique de référence, le NF DTU 40.22. Il fixe les pentes minimales, les recouvrements et les règles de fixation. La pente minimale admissible dépend de la zone climatique, de la longueur du rampant et de l’exposition du site ; en pays de mistral, une maison qui n’est abritée ni par le relief ni par le bâti voisin se traite comme un site exposé. En pratique : plus la pente est faible et le site venté, plus le recouvrement entre tuiles augmente et plus les fixations se multiplient.
Sur une toiture traditionnelle, la pose se déroule ainsi :
- les courants sont calés et alignés au cordeau, avec un recouvrement adapté à la pente ; à l’égout, une doublure donne aux premières tuiles le même angle que les suivantes ;
- les couverts sont posés à recouvrement régulier ; les rangs exposés (égout, rives, faîtage, pourtour des cheminées) sont fixés par crochets ou scellés ponctuellement ;
- le faîtage et les rives sont scellés au mortier de chaux, plus souple que le ciment : la chaux et ses usages ;
- la génoise est restaurée ou reconstruite rang par rang, tuiles garnies et alignées, avant la pose de l’égout.
Lorsque des tuiles anciennes sont conservées, elles sont reposées en couvert, là où elles se voient, sur des courants neufs : le tri entre tuiles de réemploi et tuiles neuves.
Le mélange des teintes se prépare au sol : les palettes sont panachées pour éviter les aplats et les effets de damier.
Écran, ventilation et isolation
Refaire une toiture est l’occasion de traiter ce que l’on ne voit pas et qui pèse le plus sur le confort : la chaleur d’été, les déperditions d’hiver, la condensation.
L’écran de sous-toiture recueille l’eau qui passerait accidentellement sous les tuiles, par exemple la pluie chassée par un coup de vent, et la conduit à l’égout. Un écran respirant, perméable à la vapeur d’eau, évite d’enfermer l’humidité dans la charpente.
La ventilation de la sous-face des tuiles est indispensable. Une lame d’air continue entre l’égout et le faîtage, complétée si besoin par des chatières discrètes, évacue l’humidité et limite la surchauffe. Un toit mal ventilé vieillit plus vite : les bois noircissent, les tuiles restent humides.
L’isolation se pense différemment en Provence. Le froid existe, mais la saison difficile est l’été. Pour retarder la pénétration de la chaleur, les isolants denses, fibre de bois ou ouate de cellulose par exemple, donnent de meilleurs résultats sous rampant que des matériaux légers d’épaisseur équivalente. Il existe 2 techniques :
- par l’intérieur, entre et sous chevrons, quand les combles sont accessibles et que la toiture est conservée ;
- par l’extérieur, au-dessus des chevrons (technique dite sarking), lors d’une réfection complète. Elle supprime les ponts thermiques et préserve le volume intérieur, mais rehausse le toit de plusieurs centimètres : il faut alors reprendre les rives et la génoise, et vérifier que les règles d’urbanisme l’admettent.
Ces travaux se coordonnent pour que la toiture soit traitée comme un tout, et non comme une addition de couches posées par des intervenants qui s’ignorent.
Toitures neuves : construire dans le paysage des Alpilles
Une maison neuve ou une extension doit trouver sa place dans un paysage protégé. Le plan local d’urbanisme de chaque commune encadre les pentes, les matériaux et les teintes, et les recommandations propres au massif invitent à respecter les volumes du bâti traditionnel : le cadre patrimonial des Alpilles.
Sur une construction neuve, les points qui conditionnent la tenue de l’ouvrage se règlent dès les plans, avec l’architecte ou le maître d’œuvre :
- la pente réelle des versants et sa cohérence avec le modèle de tuile retenu ;
- le traitement des débords : génoise maçonnée ou chevrons apparents ;
- la position des fenêtres de toit, des sorties de ventilation et, le cas échéant, des panneaux solaires, pour limiter les percements ;
- le dimensionnement des gouttières et des descentes face aux orages méditerranéens : la zinguerie et les gouttières.
Le neuf offre un choix large : tuiles canal posées de manière traditionnelle, tuiles canal à ergots ou à talon qui limitent le glissement, tuiles à emboîtement d’aspect rond lorsque le règlement les admet. Chaque solution a son domaine d’emploi. Les échantillons se jugent sur place, à la lumière du jour, à côté des toits voisins : c’est le seul moyen d’apprécier une teinte.
Les malfaçons constatées sur des maisons récentes ont presque toujours la même origine : une pente trop faible pour la tuile choisie, des recouvrements réduits pour économiser quelques rangs, des points singuliers traités à la hâte.
Le déroulement d’un chantier de couverture
- Visite et diagnostic, en toiture et dans les combles.
- Devis et échanges sur les variantes : réemploi des tuiles, isolation, zinguerie.
- Formalités éventuelles, à régler avant de fixer le calendrier.
- Installation : échafaudage de pied, protections en bas de pente, bâches prêtes.
- Dépose et tri des tuiles, stockage de celles qui seront reposées, évacuation des gravats vers une filière adaptée.
- Reprise de la charpente et du support, pose de l’écran et de l’isolation si elle est prévue.
- Couverture : égout et génoise, plain carré, puis rives, faîtage et points singuliers.
- Zinguerie : gouttières, descentes, noues, raccords.
- Nettoyage et réception des travaux.
Le toit se découvre par tranches qui peuvent être refermées dans la journée. La météo est suivie chaque jour : par fort mistral, personne ne monte, et les matériaux stockés en hauteur sont arrimés. Le chantier est rangé chaque soir, les abords de la maison restent praticables.
Le printemps et le début de l’automne sont les périodes les plus confortables pour ces travaux. L’été reste possible avec des horaires décalés. Les épisodes pluvieux d’automne imposent une organisation rigoureuse du bâchage.
Les premières questions
Questions fréquentes
Combien de temps dure une toiture en tuiles canal ?
La terre cuite est un matériau durable, à condition d’être correctement posée et entretenue. Ce sont les points singuliers, scellements, solins et noues, qui demandent une attention régulière, bien avant les tuiles elles-mêmes.
Peut-on garder les tuiles anciennes lors d’une réfection ?
Oui, dans la plupart des cas. Après tri, une partie des tuiles peut être reposée en couvert. La proportion dépend de leur état : elle s’estime lors du diagnostic et se confirme à la dépose.
Peut-on rester dans la maison pendant le chantier ?
Oui. Le toit est refermé ou bâché en fin de journée. Le bruit et la poussière sont réels pendant la dépose ; mieux vaut connaître à l’avance les journées concernées.
Faut-il isoler par l’intérieur ou par l’extérieur ?
Par l’extérieur lorsque la toiture est entièrement refaite et que les règles d’urbanisme admettent la légère surélévation. Par l’intérieur lorsque la couverture est conservée ou que la génoise et les rives ne peuvent pas être modifiées.
Les plaques sous tuiles sont-elles une bonne solution ?
Elles apportent une sécurité supplémentaire sur les pentes faibles, à condition de ventiler correctement la sous-face et de poser les tuiles dans les règles. Elles ne sont pas admises partout : la question se vérifie avant de retenir cette solution.
Comment obtenir un devis de couverture ?
Par une visite sur place : aucune toiture ancienne ne se chiffre sérieusement sur photographies. Contactez-nous au 06 32 88 37 56 ou par le formulaire de contact.
Bon à savoir
Avant les travaux
Assurance de l’entreprise
Nos ouvrages sont couverts par notre assurance de responsabilité décennale, dont l’attestation vous est remise avec le devis. Pendant 10 ans à compter de la réception des travaux, cette garantie légale couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. Elle s’applique aux ouvrages de construction ; les interventions d’entretien courant n’en relèvent pas.
Formalités et Bâtiments de France
Certains travaux modifient l’aspect extérieur d’une construction : changement de tuiles ou de teinte, ravalement, création d’une ouverture, mur, clôture, portail, terrasse. Selon le secteur et le plan local d’urbanisme, une déclaration préalable peut être nécessaire ; nous vérifions ce point avec vous avant les travaux.
Lorsque la maison se trouve dans les abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial, les travaux visibles sont soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, dont l’avis porte sur les matériaux, les teintes et les détails de mise en œuvre. L’instruction est alors plus longue : mieux vaut l’intégrer au calendrier dès le devis.
Un chantier soumis à autorisation ne démarre qu’une fois celle-ci obtenue.
Où intervenez-vous ?
Nous intervenons à Saint-Rémy-de-Provence et dans les Alpilles. Indiquez-nous votre commune : nous vous disons si nous pouvons nous déplacer.
Suivi du chantier
Le devis décrit les travaux prévus et les matériaux employés.
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