02 / Toiture

Remplacement de tuiles canal, tuiles mécaniques et éléments de couverture à Saint-Rémy-de-Provence

La bonne tuile, au bon endroit.

Une tuile fendue par une branche, 3 couverts emportés par une nuit de mistral, une faîtière qui a bougé : la plupart des toitures ne réclament pas un chantier complet, mais des remplacements précis, faits au bon moment et avec les bons éléments. C’est un travail de détail, où le choix d’une tuile au bon format compte autant que le geste. Nous remplaçons tuiles et accessoires sur les couvertures en terre cuite de Saint-Rémy-de-Provence et des Alpilles.

Illustration à l’aquarelle : rangées de tuiles canal patinées, une tuile plus claire remplacée au centre.
Illustration d’ambiance.
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Pourquoi une tuile cassée se remplace sans attendre

Une couverture en tuiles fonctionne comme une chaîne : chaque élément recouvre le suivant, et l’eau glisse de l’un à l’autre jusqu’à la gouttière. Une seule tuile cassée interrompt ce cheminement. L’eau passe sous la couverture, imbibe le support, suit un chevron et ressort parfois à plusieurs mètres de son point d’entrée. La tache au plafond apparaît tard, souvent après plusieurs épisodes pluvieux ; entre-temps, le bois a pris l’humidité et l’isolant s’est tassé.

En pays d’Alpilles, les causes de casse sont connues :

  • le vent, qui soulève les couverts mal lestés et les projette sur le versant ;
  • les chutes de branches et de pommes de pin, fréquentes sous les grands arbres après un épisode venteux ;
  • le passage sur le toit, pour une antenne, un ramonage ou la pose de panneaux, par des intervenants qui ne savent pas où poser le pied ;
  • le gel, rare mais réel, qui fait éclater les tuiles devenues poreuses ;
  • la grêle, lors des orages de fin d’été ;
  • l’âge : une terre cuite ancienne finit par se déliter en feuillets.

Remplacer une tuile peu après sa casse est une opération légère. Attendre 2 hivers, c’est souvent ajouter au remplacement la reprise d’un chevron, d’une portion d’isolant et d’un plafond.

Reconnaître sa couverture : canal, romane, mécanique

Avant de remplacer, il faut identifier. Les toits de la région sont couverts par 3 grandes familles de tuiles en terre cuite.

FamilleComment la reconnaîtreOù on la trouve
Tuile canal (tuile ronde)Demi-tronc de cône, posé en 2 lits (courants dessous, couverts dessus), sans emboîtementMas, maisons de village, bâti ancien
Tuile romane (à emboîtement, aspect canal)Une seule pièce réunissant une partie creuse et une partie ronde ; relief très régulierMaisons construites depuis les années 1970
Tuile mécanique plate (dite de Marseille)Tuile plate à cannelures et losange central, emboîtée sur ses 4 côtésRemises, hangars, ateliers, maisons de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle

Chaque famille obéit à ses propres règles de pose : le NF DTU 40.22 pour les tuiles canal, le NF DTU 40.21 pour les tuiles à emboîtement à relief. On ne remplace jamais une tuile par une autre d’une famille différente, et rarement par un modèle voisin : quelques millimètres d’écart sur un emboîtement suffisent à créer une entrée d’eau.

La tuile canal : formats, galbes et teintes

Dire « tuile canal » ne suffit pas à commander la bonne pièce. Les tuiles anciennes étaient moulées à la main dans des tuileries locales, et chaque fabrique avait son gabarit. Sur un même toit, on rencontre couramment plusieurs générations de tuiles.

Les caractéristiques à relever avant tout remplacement :

  • la longueur, de 40 à 50 cm pour les formats courants, parfois davantage sur les très vieilles couvertures ;
  • la largeur au grand bout et au petit bout, qui détermine le galbe et la façon dont les tuiles s’épousent ;
  • l’épaisseur et le poids, qui conditionnent la tenue au vent ;
  • la teinte de masse, du paille au rouge soutenu en passant par les rosés et les ocres, selon l’argile et la cuisson ;
  • l’état de surface : sablé, lisse, flammé, patiné par les lichens.

Une tuile trop étroite posée entre 2 rangs anciens laisse des jours ; une tuile trop large surélève le rang et offre une prise au vent. La mesure se prend donc sur place, et une tuile témoin emportée permet la comparaison avec les modèles disponibles.

Pour la teinte, la règle est celle du panachage. Un toit ancien n’est jamais d’une seule couleur : il mêle 3 ou 4 tons que le temps a rapprochés. Les tuiles de remplacement sont choisies dans cette gamme et réparties, plutôt que posées en plaque, afin que la réparation se fonde dans le versant.

Tuiles de réemploi ou tuiles neuves

La question revient à chaque intervention, et la réponse n’est pas uniforme.

Les tuiles de réemploi

Issues de la dépose de toitures anciennes, elles offrent d’emblée la patine et les irrégularités qui font le caractère d’un toit provençal. Elles sont souvent demandées en secteur protégé pour les couverts. Leur emploi suppose un tri sévère : chaque tuile est examinée, sonnée d’un coup sec pour détecter les fêlures invisibles, écartée si elle s’effrite ou si elle reste gorgée d’eau. Une tuile de réemploi saine a prouvé sa résistance ; une tuile douteuse cassera vite.

Les tuiles de réemploi se trouvent auprès de négociants spécialisés. La disponibilité d’un format précis n’est jamais acquise : pour un remplacement important, mieux vaut s’y prendre tôt.

Les tuiles neuves

Les tuiliers proposent des gammes pensées pour la restauration : tuiles canal filées ou pressées, aspect vieilli, teintes nuancées, formats calés sur les gabarits anciens. Leurs caractéristiques, dont la tenue au gel, sont contrôlées selon la norme applicable aux tuiles de terre cuite (NF EN 1304). Certaines possèdent des ergots ou des talons discrets qui limitent le glissement.

L’association des deux

Dans la majorité des cas, les deux se combinent : tuiles neuves en courant, où circule l’eau et où la solidité prime ; tuiles anciennes ou vieillies en couvert, là où le regard se pose. Pour quelques unités seulement, le réemploi à l’identique reste le plus discret.

Tuiles mécaniques : retrouver le bon modèle

Les tuiles à emboîtement posent un problème spécifique, celui de la compatibilité. Chaque modèle possède son propre dessin de cannelures, sa largeur utile et son pureau, c’est-à-dire la partie de la tuile qui reste visible une fois la suivante posée. Des tuiles d’apparence semblable, produites par 2 fabricants ou à 20 ans d’écart, ne s’emboîtent pas forcément.

La démarche :

  1. identifier le modèle grâce aux marques moulées au dos de la tuile : nom de la tuilerie, référence, parfois année ;
  2. vérifier s’il est encore fabriqué, ou s’il existe un modèle compatible reconnu par le fabricant ;
  3. à défaut, chercher en réemploi des tuiles du même moule ;
  4. en dernier recours, regrouper : des tuiles d’origine sont prélevées sur une zone peu visible du toit pour réparer la partie exposée, et la zone prélevée est couverte d’un modèle neuf homogène.

Les tuiles de Marseille anciennes, encore nombreuses sur les remises et les hangars, méritent d’être conservées : elles racontent une page de l’histoire industrielle de la région, et des modèles de restauration existent.

Sur les couvertures en tuiles romanes des maisons plus récentes, le remplacement est en général plus simple, les modèles étant suivis longtemps. La vigilance porte alors sur la teinte : une tuile neuve tranche sur un versant vieilli. Les tuiles neuves se placent aux endroits les moins visibles, et les tuiles patinées ainsi prélevées servent aux zones en vue.

Les éléments de couverture au-delà de la tuile

Une toiture comprend bien d’autres pièces que les tuiles de plain carré. Ce sont elles, le plus souvent, qui lâchent en premier.

  • Les faîtières coiffent la ligne haute du toit et subissent le vent de plein fouet.
  • Les arêtiers couvrent les angles saillants des toits à 4 pentes.
  • Les tuiles de rive bordent les pignons ; en couverture traditionnelle, la rive est formée de couverts scellés, parfois doublés.
  • Les tuiles d’égout et la doublure qui les soutient, au bas du versant, reçoivent tout le ruissellement du toit.
  • Les tuiles de génoise, scellées en encorbellement sous l’égout, se descellent ou se brisent par endroits ; l’eau ruisselle alors sur la façade.
  • Les chatières assurent la ventilation de la sous-face ; cassées, elles deviennent des entrées d’eau et des portes ouvertes aux oiseaux.
  • Les tuiles à douille et les lanternes raccordent les conduits de ventilation.
  • Les closoirs, crochets et fixations, invisibles, tiennent l’ensemble.
  • Les abouts et les frontons, pièces de finition qui ferment les extrémités de faîtage, d’arêtier et de rive.

Lors d’une intervention, ces éléments sont contrôlés autour de la zone à réparer. Remplacer 3 tuiles sous une faîtière descellée sans reprendre la faîtière, c’est se donner rendez-vous à la prochaine tempête. La reprise des scellements, des noues et des solins relève d’une autre intervention : la réparation des faîtages, rives et solins.

Comment se déroule un remplacement de tuiles

Monter sur une couverture en tuiles canal demande du métier. Les tuiles ne sont pas faites pour porter le poids d’un homme n’importe où : on marche dans les courants, au droit des appuis, avec des chaussures souples, ou sur des échelles plates qui répartissent la charge. Une intervention maladroite casse plus de tuiles qu’elle n’en remplace.

  1. Mise en sécurité : échelle arrimée, ligne de vie ou échafaudage selon la hauteur et la durée, protection du sol au pied de la façade.
  2. Repérage des tuiles cassées, fêlées ou déplacées, y compris celles qui ne se voient pas du sol.
  3. Dépose locale : les couverts sont soulevés et mis de côté, les courants dégagés, les débris et les végétaux retirés.
  4. Contrôle du support : état des voliges ou des liteaux, traces d’humidité, tenue de l’écran s’il existe. Une volige pourrie est remplacée avant toute repose.
  5. Repose : tuiles calées, recouvrements rétablis, alignement vérifié. Les tuiles exposées au vent sont fixées par crochets ou scellées ponctuellement.
  6. Vérification de l’écoulement et nettoyage.

Par vent fort ou sur toit mouillé, l’intervention est reportée. En attendant, une protection provisoire par bâche lestée limite les entrées d’eau.

Remplacement ponctuel ou reprise plus large

Remplacer quelques tuiles est la bonne réponse à un accident. Ce n’est plus la bonne réponse quand la casse traduit un vieillissement général.

Ce que l’on constateCe qui convient
Quelques tuiles isolées, sur un toit par ailleurs sainRemplacement ponctuel
Une zone localisée : sous un arbre, le long d’une rive, autour d’une cheminéeReprise de la zone complète, support compris, pour traiter la cause avec l’effet
Des casses diffuses sur tout un versant, des tuiles qui s’effritent, des glissements répétésRemaniement du versant
Des désordres sur l’ensemble du toit, avec un support fatiguéRéfection de la toiture

Pour ces 2 derniers cas : le remaniement d’une couverture et la rénovation et la réfection de toiture.

Situer la toiture sur cette échelle est l’objet du diagnostic. Il arrive qu’une réparation n’offre qu’un répit : le savoir permet d’anticiper le budget d’un chantier plus important au lieu de le subir.

Conserver à l’abri quelques dizaines de tuiles du même lot est une bonne précaution pour les réparations futures.

Après une tempête ou un orage de grêle

Lorsque le remplacement fait suite à un sinistre, tempête, grêle ou chute d’arbre, quelques réflexes s’imposent :

  • photographiez les dégâts depuis le sol et, si possible, depuis les combles ;
  • déclarez le dommage à votre assureur dans les délais prévus par votre contrat ;
  • conservez les éléments endommagés jusqu’au passage de l’expert ;
  • ne montez pas sur le toit : une couverture ébranlée est instable.

Un devis descriptif, qui précise les quantités et la nature des tuiles à remplacer, accompagne utilement votre dossier.

Le remplacement de tuiles à l’identique relève de l’entretien courant et ne modifie pas l’aspect du bâtiment. Un changement de modèle ou de teinte sur une surface significative est une autre affaire : il se vérifie avant les travaux.

Les premières questions

Questions fréquentes

Puis-je remplacer une tuile moi-même ?

Sur un appentis bas, c’est envisageable. Sur un toit en hauteur, le risque de chute est sérieux, et celui de casser d’autres tuiles en marchant l’est tout autant. Mieux vaut confier l’intervention à un couvreur équipé.

Comment savoir si des tuiles sont cassées sans monter sur le toit ?

Observez le toit aux jumelles depuis le jardin, regardez au sol après un coup de vent, inspectez les combles avec une lampe par temps de pluie. Des débris de terre cuite dans la gouttière sont un signal.

Les tuiles neuves vont-elles se voir ?

Moins qu’on ne le craint si elles sont bien choisies et réparties. Les teintes vieillies et le réemploi facilitent l’intégration, et la patine naturelle atténue ensuite les écarts.

Peut-on remplacer des tuiles canal par des tuiles romanes ?

Pas ponctuellement : les 2 systèmes ne se raccordent pas. Sur un versant entier, c’est un changement de couverture, qui modifie l’aspect du toit et n’est pas admis partout.

Mon modèle de tuile mécanique n’existe plus, que faire ?

Chercher un modèle compatible ou des tuiles de réemploi du même moule ; à défaut, regrouper les tuiles d’origine sur les versants visibles et couvrir une zone secondaire d’un modèle neuf.

Faut-il remplacer une tuile simplement fêlée ?

Oui. Une fêlure laisse passer l’eau par capillarité et s’ouvre au premier gel ou au premier choc.

Bon à savoir

Avant les travaux

Assurance de l’entreprise

Nos ouvrages sont couverts par notre assurance de responsabilité décennale, dont l’attestation vous est remise avec le devis. Pendant 10 ans à compter de la réception des travaux, cette garantie légale couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. Elle s’applique aux ouvrages de construction ; les interventions d’entretien courant n’en relèvent pas.

Formalités et Bâtiments de France

Certains travaux modifient l’aspect extérieur d’une construction : changement de tuiles ou de teinte, ravalement, création d’une ouverture, mur, clôture, portail, terrasse. Selon le secteur et le plan local d’urbanisme, une déclaration préalable peut être nécessaire ; nous vérifions ce point avec vous avant les travaux.

Lorsque la maison se trouve dans les abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial, les travaux visibles sont soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, dont l’avis porte sur les matériaux, les teintes et les détails de mise en œuvre. L’instruction est alors plus longue : mieux vaut l’intégrer au calendrier dès le devis.

Un chantier soumis à autorisation ne démarre qu’une fois celle-ci obtenue.

Où intervenez-vous ?

Nous intervenons à Saint-Rémy-de-Provence et dans les Alpilles. Indiquez-nous votre commune : nous vous disons si nous pouvons nous déplacer.

Suivi du chantier

Le devis décrit les travaux prévus et les matériaux employés.

Commençons par votre lieu

Une toiture à reprendre.
Un lieu à faire évoluer.

Décrivez les ouvrages concernés, vos attentes et les éléments que vous souhaitez conserver.