04 / Toiture
Zinguerie, gouttières, descentes d’eaux pluviales et évacuations à Saint-Rémy-de-Provence
Conduire l’eau du toit jusqu’au sol.
Un toit ne s’arrête pas à la dernière tuile. L’eau qu’il recueille doit encore être conduite jusqu’au sol, puis éloignée des murs. En Provence, où il pleut peu mais fort, cette mission repose sur des ouvrages que l’on oublie volontiers : gouttières, chéneaux, descentes, bandes et couvertines. Lorsqu’ils font défaut, les façades se tachent, les enduits cloquent et les pieds de murs prennent l’humidité. Nous façonnons et posons ces ouvrages à Saint-Rémy-de-Provence et dans les Alpilles.

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Pluies méditerranéennes : pourquoi l’évacuation est décisive
Le climat des Alpilles est sec la majeure partie de l’année. Mais lorsque la pluie arrive, elle arrive en force : les épisodes méditerranéens d’automne et les orages d’été concentrent de fortes intensités sur de courtes durées. Un versant de 100 m² reçoit alors plusieurs milliers de litres d’eau en 1 heure.
Cette eau doit aller quelque part. Sans gouttière, ou avec une gouttière qui déborde, elle tombe en rideau au pied de la façade, rejaillit sur le soubassement, creuse le sol et s’infiltre le long des fondations. Sur une maison ancienne, bâtie en moellons, sans coupure étanche en pied de mur, cette humidité remonte par capillarité, décolle les enduits et salpêtre les pièces du rez-de-chaussée.
Le mistral complique la donne. Il arrache les gouttières mal fixées, y accumule feuilles et aiguilles de pin, et rabat la pluie contre les façades. Un réseau d’évacuation se conçoit donc ici avec des marges : sections généreuses, fixations rapprochées, trop-pleins prévus pour les jours où le débit dépasse tout calcul.
Le travail du métal
La zinguerie désigne l’ensemble des ouvrages métalliques qui assurent l’évacuation des eaux et la protection des points sensibles de la toiture. Le mot vient du zinc, mais le zingueur travaille aussi le cuivre, le plomb, l’acier galvanisé ou l’aluminium.
C’est un métier de façonnage. Le métal arrive en feuilles ou en bobines ; il est tracé, découpé, plié et soudé pour épouser la forme du toit. Sur une maison ancienne, rien n’est standard : les murs ne sont pas d’équerre, les pentes varient d’un versant à l’autre. Une pièce façonnée sur mesure s’ajuste là où un accessoire du commerce laisserait des jours à combler au mastic.
Le métal a une particularité qui gouverne toute la pose : il se dilate. Une gouttière en zinc de 10 m s’allonge de plusieurs millimètres entre une nuit d’hiver et un après-midi de juillet. Si elle est bridée, elle se déforme et ses soudures cèdent. D’où des fixations coulissantes et des joints de dilatation à intervalles réguliers. Les règles de mise en œuvre sont décrites dans des documents techniques de référence, notamment le NF DTU 40.5 pour l’évacuation des eaux pluviales et le NF DTU 40.41 pour les ouvrages en zinc.
La zinguerie se pose en partie avant les tuiles, en partie après : les 2 ouvrages doivent se recouvrir dans le bon ordre, ce qui suppose de coordonner couverture et zinguerie sur un même chantier.
Zinc, cuivre, terre cuite : le choix du matériau
| Matériau | Atouts | Limites | Emploi conseillé |
|---|---|---|---|
| Zinc | Se façonne et se soude aisément ; patine gris mat protectrice ; finitions naturelle ou prépatinée | Craint l’eau stagnante et les débris végétaux acides | La grande majorité des cas |
| Cuivre | Très durable ; brunit puis évolue lentement | Coût élevé ; incompatible avec le zinc placé en aval | Demeures de caractère, édifices anciens |
| Terre cuite | Descentes anciennes en éléments emboîtés, parfois vernissés | Fragile aux chocs ; pièces rares | À conserver et restaurer quand elle existe |
| Aluminium laqué | Large choix de teintes ; grandes longueurs sans soudure | Aspect moins traditionnel | Constructions récentes, si le règlement l’admet |
| PVC | Économique | Se décolore, devient cassant et se déforme au soleil ; souvent refusé sur le bâti ancien | Déconseillé pour une maison de caractère |
Le zinc est un matériau durable lorsqu’il est correctement posé et nettoyé.
En secteur protégé, les prescriptions orientent le plus souvent vers le zinc ou le cuivre, en section demi-ronde, avec des descentes circulaires.
Gouttières : formes, supports et pentes
Les formes
- La gouttière pendante demi-ronde est suspendue sous l’égout par des crochets. C’est la forme classique, la plus répandue et la plus simple à entretenir.
- La gouttière havraise ou nantaise repose sur le bas du versant, au-dessus de l’égout. Moins visible depuis la rue, elle préserve la lecture d’une corniche.
- Le chéneau est un conduit de plus grande section, encaissé derrière une corniche ou entre 2 versants. Son débordement se faisant vers l’intérieur du bâtiment, il ne tolère aucun défaut.
- La gouttière carrée ou moulurée accompagne certaines architectures du XIXᵉ siècle et les constructions contemporaines.
Les supports
Les crochets, en acier galvanisé ou en cuivre selon le métal de la gouttière, sont fixés sur les chevrons, sur une planche d’égout, ou scellés dans la maçonnerie. Leur espacement courant est d’environ 50 cm ; il se resserre sur les façades exposées au vent.
La pente
Une gouttière n’est pas horizontale. Une pente régulière de l’ordre de 5 mm par mètre vers la descente assure l’écoulement et évite les eaux stagnantes, où se développent moustiques et corrosion. Sur les longues façades, un point haut au milieu et 2 descentes aux extrémités réduisent le trajet de l’eau.
Le dimensionnement
La section de la gouttière se calcule d’après la surface de toiture desservie et l’intensité de pluie à prendre en compte. Compte tenu des orages locaux, mieux vaut retenir le développé supérieur à celui que donnerait le strict minimum.
Gouttière et génoise
À l’origine, la génoise remplissait seule le rôle de la gouttière, en rejetant l’eau à 40 ou 50 cm de la façade : les maisons anciennes n’avaient pas de gouttière, sinon au-dessus des portes. La génoise et le toit provençal. Ajouter une gouttière à une telle façade demande donc de la délicatesse. Il existe 3 solutions.
La gouttière pendante sous l’égout, fixée par des crochets engagés entre les tuiles ou scellés au-dessus de la génoise. C’est la solution courante. Elle doit être posée assez bas pour ne pas masquer le dernier rang, assez près pour recueillir l’eau même par fort débit.
La gouttière posée sur le toit, en retrait de l’égout, qui laisse la génoise entièrement visible. Elle impose de reprendre les premiers rangs de tuiles.
L’absence de gouttière, parfois préférable sur une façade remarquable. L’eau est alors recueillie au sol, à condition que le pied de mur soit traité pour la recevoir et l’éloigner.
Le choix se fait façade par façade, selon l’architecture, l’usage des abords, une terrasse ou une entrée ne s’accommodant pas d’un rideau d’eau, et les règles applicables. Un croquis de chaque option aide à décider.
Descentes d’eaux pluviales
La descente conduit l’eau de la gouttière jusqu’au sol. Son tracé et sa section comptent autant que ceux de la gouttière.
Le nombre et la section. Une descente ne peut évacuer qu’une surface limitée de toiture. Plutôt qu’une seule descente de gros diamètre, il est souvent préférable d’en répartir 2, ce qui réduit la longueur de gouttière desservie par chacune et offre une sécurité si l’une se bouche.
L’emplacement. La descente se place de préférence en angle de façade ou en limite mitoyenne, à la verticale, sans traverser la façade en biais. Elle évite les encadrements de baies, les chaînes d’angle en pierre de taille et les décors. Sur une maison ancienne, une descente mal placée abîme la composition de la façade plus sûrement qu’une gouttière.
Les raccords. La naissance relie la gouttière à la descente ; une crapaudine, petite grille bombée, y retient les feuilles. Les coudes sont limités au strict nécessaire, chaque changement de direction étant un point d’engorgement potentiel.
Les fixations. Des colliers scellés ou vissés tiennent le tuyau à quelques centimètres du mur, de sorte qu’une fuite éventuelle ne ruisselle pas sur l’enduit.
Le pied de chute. Sur les 2 premiers mètres, là où la descente est exposée aux chocs, un dauphin en fonte protège l’ouvrage. C’est un détail traditionnel des façades de centre ancien.
Le trop-plein. Sur un chéneau encaissé, un trop-plein visible en façade avertit de l’engorgement avant que l’eau n’entre dans le bâtiment.
Au pied du mur : regards et évacuation
Amener l’eau au sol ne suffit pas ; encore faut-il qu’elle s’éloigne de la maison. Au pied de chaque descente, un regard permet de contrôler et de curer le réseau enterré. De là, plusieurs destinations sont possibles :
- le réseau public d’eaux pluviales, lorsqu’il existe et que le raccordement est autorisé ; le rejet des eaux de pluie dans le réseau des eaux usées est en règle générale interdit ;
- l’infiltration sur la parcelle, à distance suffisante des fondations ;
- le rejet vers un fossé, dans le respect des écoulements existants ;
- la récupération dans une cuve, enterrée ou aérienne. Dans un pays où l’eau d’été est précieuse, stocker les pluies d’automne pour l’arrosage est une démarche de bon sens. Un filtre en amont et un trop-plein raccordé à l’évacuation complètent l’installation.
Le choix dépend du terrain et du règlement de la commune. La conception d’ensemble, pentes, ouvrages d’infiltration et pied de façade drainant, est traitée avec les sols extérieurs : la gestion de l’eau de pluie sur la parcelle.
Les autres ouvrages de zinguerie
La zinguerie ne se limite pas aux gouttières. Le métal protège tous les points où la tuile ou la maçonnerie seules ne suffisent pas.
- Les noues, solins et abergements de cheminée, façonnés en zinc ou en plomb : leur rôle et leurs désordres sont détaillés ailleurs : noues, solins et abergements.
- Les bandes de rive et d’égout, qui protègent les bois en bord de toit.
- Les couvertines, qui coiffent les têtes de murs, les acrotères et les murets. Une goutte d’eau, pliée en bord de couvertine, empêche le ruissellement sur le parement.
- Les entourages de fenêtres de toit et de lucarnes, les sorties de ventilation, les passages de conduits.
- Les couvertures en zinc à joint debout ou à tasseaux, pour les petits ouvrages à faible pente : auvents, toitures de lucarnes, bow-windows.
- Les habillages de bandeaux, d’appuis de fenêtres et de corniches exposés au ruissellement.
Chacun de ces ouvrages est façonné aux dimensions relevées sur place. Les assemblages par pliage et par agrafage, qui laissent le métal se dilater librement, sont préférés ; la soudure est réservée aux endroits où elle est nécessaire.
Réparer ou remplacer
Toutes les gouttières fatiguées ne sont pas à changer. L’examen distingue ce qui se répare de ce qui ne se rattrape plus.
| Constat | Réparer | Remplacer |
|---|---|---|
| Soudure ouverte sur un zinc encore épais | Oui | |
| Crochet descellé ou tordu | Oui | |
| Contre-pente locale | Oui, par réglage des supports | |
| Naissance, coude ou collier abîmé | Oui, à l’unité | |
| Zinc piqué, percé de petits trous sur toute sa longueur | Oui : le métal est au bout de son épaisseur | |
| Gouttière vrillée par le vent ou par le poids d’une échelle | Oui | |
| Réseau qui déborde à chaque orage alors qu’il est propre | Oui : aucune réparation ne donnera la section qui manque | |
| Éléments en PVC cassants ou décolorés | Oui | |
| Réparations successives au mastic ou à la bande bitumineuse | Oui |
Un devis de zinguerie mentionne le métal et son épaisseur, les sections, le nombre de descentes, le type de fixations et les ouvrages annexes.
L’entretien des gouttières
Une gouttière ne demande presque rien, mais ce presque rien est indispensable : un nettoyage régulier, plus fréquent sous les pins, et un contrôle des fixations après chaque coup de vent. Le rythme et les gestes sont détaillés dans le calendrier d’entretien, avec les précautions liées au risque d’incendie : l’entretien des toitures et des gouttières.
La zinguerie appelle 2 précautions : ne jamais appuyer une échelle directement sur la gouttière, mais utiliser un écarteur ; et vérifier l’écoulement en versant un seau d’eau au point haut, l’eau devant rejoindre la descente sans stagner. Des grilles pare-feuilles peuvent être posées ; elles espacent les nettoyages sans les supprimer.
Les premières questions
Questions fréquentes
Une gouttière est-elle obligatoire ?
Vous devez recueillir sur votre terrain les eaux de votre toit : le Code civil interdit de les faire s’écouler sur le fonds voisin. Lorsque l’égout surplombe la voie publique ou la limite de propriété, la gouttière s’impose. Ailleurs, elle relève du bon sens constructif.
Peut-on poser une gouttière sur une génoise sans l’abîmer ?
Oui, avec des crochets adaptés et un positionnement étudié, sans casser les tuiles de la génoise.
Quelle différence entre une gouttière et un chéneau ?
La gouttière est suspendue ou posée en bord de toit, à l’extérieur du bâtiment : si elle déborde, l’eau tombe dehors. Le chéneau est encaissé dans la construction, derrière une corniche ou entre 2 versants : s’il déborde, l’eau entre. Il demande donc une section plus large, un trop-plein et une surveillance plus régulière.
Ma gouttière déborde alors qu’elle est propre, pourquoi ?
Les causes habituelles : une contre-pente, une descente partiellement obstruée plus bas, une section insuffisante, ou une gouttière trop éloignée de l’égout, que l’eau enjambe par fort débit.
Zinc naturel ou prépatiné ?
Le zinc naturel, brillant à la pose, se patine en quelques mois de façon parfois irrégulière. Le prépatiné offre d’emblée une teinte mate et homogène. Le choix est esthétique ; la tenue dans le temps est comparable.
Peut-on récupérer l’eau de pluie d’un toit en tuiles ?
Oui. La terre cuite convient bien à la récupération pour l’arrosage. Il faut un filtre avant la cuve, un trop-plein raccordé, et s’abstenir de tout traitement chimique du toit qui se retrouverait dans l’eau stockée.
Bon à savoir
Avant les travaux
Assurance de l’entreprise
Nos ouvrages sont couverts par notre assurance de responsabilité décennale, dont l’attestation vous est remise avec le devis. Pendant 10 ans à compter de la réception des travaux, cette garantie légale couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. Elle s’applique aux ouvrages de construction ; les interventions d’entretien courant n’en relèvent pas.
Formalités et Bâtiments de France
Certains travaux modifient l’aspect extérieur d’une construction : changement de tuiles ou de teinte, ravalement, création d’une ouverture, mur, clôture, portail, terrasse. Selon le secteur et le plan local d’urbanisme, une déclaration préalable peut être nécessaire ; nous vérifions ce point avec vous avant les travaux.
Lorsque la maison se trouve dans les abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial, les travaux visibles sont soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, dont l’avis porte sur les matériaux, les teintes et les détails de mise en œuvre. L’instruction est alors plus longue : mieux vaut l’intégrer au calendrier dès le devis.
Un chantier soumis à autorisation ne démarre qu’une fois celle-ci obtenue.
Où intervenez-vous ?
Nous intervenons à Saint-Rémy-de-Provence et dans les Alpilles. Indiquez-nous votre commune : nous vous disons si nous pouvons nous déplacer.
Suivi du chantier
Le devis décrit les travaux prévus et les matériaux employés.
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