03 / Toiture

Réparation de fuites, remaniement, faîtage, rives, arêtiers et solins à Saint-Rémy-de-Provence

Trouver la cause, réparer l’ouvrage.

Une auréole au plafond, une goutte qui tombe dans les combles un soir d’orage : la fuite de toiture inquiète, parce qu’on ne sait ni d’où elle vient ni depuis quand elle dure. Sur un toit en tuiles, l’origine se trouve pourtant presque toujours aux mêmes endroits, et c’est l’ouvrage défaillant qu’il faut reprendre, pas la tache. Nous recherchons et réparons les fuites à Saint-Rémy-de-Provence et dans les Alpilles.

Illustration à l’aquarelle : faîtage de tuiles canal scellé à la chaux contre une souche de cheminée en pierre.
Illustration d’ambiance.
Lire le guide complet10 parties · environ 1 900 mots · 9 min de lecture

Fuite de toiture : les premiers gestes

Lorsque l’eau entre, quelques mesures simples limitent les dégâts.

  • Recueillez l’eau avec un récipient et protégez le sol et les meubles. Si le plafond gonfle en poche, percez-le prudemment au point bas pour le vidanger : un plafond qui cède d’un coup fait bien plus de dégâts.
  • Coupez l’électricité des circuits concernés si l’eau approche d’un luminaire ou d’une prise.
  • Montez dans les combles si l’accès est sûr, repérez le point de chute et placez une bassine. Notez l’endroit.
  • Photographiez les dégâts et datez les clichés. Ils serviront à votre assureur.
  • Ne montez pas sur le toit, surtout mouillé ou par grand vent.

Une protection provisoire, bâche lestée ou remise en place des tuiles déplacées, permet d’attendre la réparation définitive, à réaliser par temps sec.

Où naissent les fuites sur un toit provençal

Le plain carré, c’est-à-dire la surface courante du versant, fuit rarement tant que les tuiles sont en place. Les infiltrations se concentrent sur les lignes et les points où la couverture change de direction ou rencontre un autre ouvrage.

ZoneCe qui se passe
FaîtageLe mortier qui scelle les faîtières fissure ; le vent s’y engouffre, l’eau suit
RivesUn scellement décollé laisse la pluie battante entrer latéralement
SolinsÀ la jonction entre le toit et un mur ou une cheminée, la continuité est rompue
NouesEncombrée ou percée, la noue déborde sous les tuiles
Tuiles déplacéesUn couvert qui a glissé de 10 cm découvre le joint entre 2 courants
Égout et génoiseUne gouttière bouchée fait refouler l’eau sous les premières tuiles
PénétrationsFenêtres de toit, sorties de ventilation, fixations de panneaux ou d’antennes

S’y ajoute un phénomène propre au climat méditerranéen : la pluie chassée. Lors des épisodes d’automne, des trombes d’eau tombent en quelques heures, accompagnées de rafales qui font remonter l’eau à contre-pente. Une couverture aux recouvrements trop justes, qui ne laisse rien passer sous une pluie ordinaire, prend l’eau ces jours-là.

La recherche de fuite

L’eau ne tombe presque jamais à la verticale de son point d’entrée. Elle chemine le long d’un chevron, sur un écran, sous un isolant, et apparaît là où elle trouve un passage. Trouver l’origine demande de remonter ce trajet.

  1. Les circonstances. Depuis quand, par quel type de pluie, avec ou sans vent, de quelle direction ? Une fuite qui n’apparaît que par vent d’est oriente déjà la recherche.
  2. L’inspection par l’intérieur. Dans les combles, on suit les traces : auréoles sur les bois, coulures, isolant tassé ou taché. Les marques anciennes, sèches et brunes, se distinguent des traces actives.
  3. L’inspection par l’extérieur. L’examen porte sur la zone située en amont du point de chute, en remontant vers le faîtage, et sur tous les points singuliers proches.
  4. L’essai, si nécessaire. Un arrosage contrôlé, zone par zone, du bas vers le haut, reproduit la fuite pendant qu’une seconde personne observe depuis l’intérieur. La méthode est lente, mais sans équivoque.
  5. Les fausses fuites. La condensation sous une couverture mal ventilée, un conduit de fumée fissuré, une canalisation ou une remontée par un mur de refend produisent des symptômes voisins. Le toit n’est pas toujours en cause.

Lorsque plusieurs causes se superposent, cas fréquent sur les toitures anciennes, elles se traitent par ordre de priorité.

Le remaniement d’une couverture

Les tuiles canal traditionnelles, posées sans fixation, glissent lentement vers l’égout sous l’effet des dilatations, du vent et des passages. Au fil des années, les recouvrements se réduisent en haut de versant, les rangs se désalignent, les courants s’encombrent de terre et de végétaux. Le toit n’a rien de cassé, mais il n’est plus en ordre.

Le remaniement consiste à déposer les tuiles, versant par versant, et à les reposer correctement. L’opération comprend :

  • la dépose soignée et le tri des tuiles : les éléments sains sont brossés et conservés, les tuiles fendues ou délitées écartées ;
  • le nettoyage du support et le remplacement des voliges ou des liteaux abîmés ;
  • la repose avec des recouvrements conformes à la pente, des rangs alignés au cordeau, des fixations aux endroits exposés ;
  • le complément par des tuiles assorties, dans une proportion qui dépend de l’état initial : le choix des tuiles de remplacement ;
  • la reprise des scellements : faîtage, rives, arêtiers, égout.

C’est l’intervention adaptée à une toiture ancienne dont la charpente est saine. Elle conserve les tuiles d’origine et leur patine, et ne modifie pas l’aspect du toit. Un remaniement mobilise moins de matériaux neufs qu’une réfection.

Il n’est plus pertinent quand le support est à bout de course ou quand plus de la moitié des tuiles doit être écartée : la réfection de toiture.

Le faîtage, ligne la plus exposée du toit

Le faîtage est la ligne de rencontre des 2 versants, au sommet du toit. Il reçoit le vent sans aucun abri et subit les plus fortes variations de température. Son rôle est double : fermer la couverture en partie haute et lester les derniers rangs de tuiles.

Le faîtage scellé

Les faîtières, souvent de simples tuiles canal de grand format, sont posées sur un lit de mortier, à recouvrement, dos au vent dominant : en pays de mistral, le vent du nord doit glisser sur les joints au lieu de s’y engouffrer. Entre les couverts, sous la faîtière, le vide est garni de mortier et de casseaux de tuile : c’est l’embarrure. Un faîtage bien fait présente une ligne tendue, des embarrures régulières et nettes, sans bavures sur les tuiles.

Le faîtage à sec

Sur les couvertures récentes, les faîtières sont fixées mécaniquement sur une lisse en bois, au-dessus d’un closoir souple qui laisse passer l’air. Cette technique ventile mieux la toiture. Elle n’est pas toujours admise sur le bâti ancien en secteur protégé, où le scellement reste la règle.

La réparation

Lorsque le mortier est fissuré par endroits mais adhère encore, une reprise localisée suffit. Quand il sonne creux sur toute la longueur, les faîtières sont déposées, l’ancien mortier purgé, et le faîtage refait complètement. Recouvrir un mortier décollé d’une couche neuve ou d’un mastic ne tient pas : la fissure réapparaît rapidement.

Les rives

La rive est le bord latéral du versant, le long du pignon. C’est là que le vent trouve sa prise : il passe sous les tuiles de bord, les soulève, puis déshabille le versant rang après rang. La rive doit donc être lourde et fermée.

Dans la tradition provençale, elle est formée d’1 ou 2 rangs de tuiles de couvert scellées sur le dernier courant, parfois en léger débord sur le mur pignon. Sur les constructions récentes, des tuiles de rive à rabat ou un bandeau métallique assurent cette fonction.

Les désordres courants :

  • mortier fissuré ou décollé, tuiles de rive mobiles sous la main ;
  • tuiles de rive manquantes après un coup de vent ;
  • infiltration dans la tête du mur pignon, visible par des coulures sur l’enduit ou des taches à l’intérieur, sous le rampant ;
  • planche de rive pourrie sur les toitures à débord en bois.

La réparation suit la même logique que pour le faîtage : dépose des tuiles concernées, purge du mortier dégradé jusqu’au support sain, repose à bain de mortier avec un garnissage soigné côté pignon. Sur les sites très exposés, le scellement est doublé d’une fixation mécanique discrète.

Arêtiers et noues

Les arêtiers

Sur les toits à 3 ou 4 pentes, fréquents sur les bastides et les maisons de maître, les versants se rejoignent en angles saillants. Les arêtiers sont couverts comme un faîtage incliné, par des tuiles scellées ou fixées qui se recouvrent du haut vers le bas. La difficulté tient aux tuiles de versant, qu’il faut couper en biais pour les ajuster : des coupes approximatives laissent des jours que le mortier seul ne comble pas durablement.

Un arêtier dégradé se signale par des fissures longitudinales dans le mortier, des tuiles qui ont tourné, parfois une pièce d’about tombée au sol. Il se reprend de préférence sur toute sa longueur, les réparations par tronçons créant autant de raccords fragiles.

Les noues

La noue est l’inverse de l’arêtier : un angle rentrant, où 2 versants déversent leur eau. Elle est constituée d’une bande métallique façonnée, en zinc le plus souvent, posée sur un fond de noue en bois ; les tuiles viennent la border en laissant un passage libre suffisant.

C’est l’ouvrage le plus sollicité du toit. Les points à contrôler : sa largeur, la remontée du métal sous les tuiles, l’absence de percement, les soudures, et surtout sa propreté. Une noue encombrée d’aiguilles de pin se comporte comme un barrage. Quand le métal est piqué par la corrosion, le remplacement complet s’impose ; les rustines bitumineuses n’ont qu’un effet passager. Le façonnage du métal est décrit ailleurs : les ouvrages de zinguerie.

Solins et abergements

Partout où la couverture bute contre une paroi verticale, souche de cheminée, mur d’un bâtiment plus haut, jouée de lucarne, il faut empêcher l’eau qui ruisselle sur la paroi de passer derrière les tuiles.

Le solin maçonné, traditionnel, est un bourrelet de mortier tiré entre le mur et les tuiles. Il s’accorde avec les façades enduites. Réalisé avec la bonne pente et une engravure dans le mur, il tient durablement. Réalisé avec un mortier trop rigide sur un mur qui bouge, il se décolle en un seul morceau.

Le solin métallique associe une bande façonnée, qui remonte contre le mur et recouvre les tuiles, et une bande porte-solin engravée ou fixée dans la maçonnerie. Le métal absorbe les mouvements différentiels entre le toit et le mur.

L’abergement de cheminée combine ces principes sur les 4 faces de la souche : une pièce en amont qui dévie l’eau de part et d’autre, 2 pièces latérales, une bavette en aval. La face amont, où l’eau et les débris s’accumulent, est la plus délicate.

Lors d’une réparation, la souche elle-même est contrôlée : enduit fissuré, couronnement descellé, mitre cassée. Bien des « fuites de solin » sont en réalité des infiltrations par le corps de la cheminée, qu’aucun solin neuf ne résoudra.

Quel mortier pour les scellements

Le ciment, rigide et peu perméable à la vapeur d’eau, ne suit pas les mouvements d’un toit : il fissure, se décolle par plaques et retient l’humidité dans la terre cuite à son contact. Faîtages, rives, arêtiers et solins maçonnés se scellent au mortier de chaux hydraulique naturelle, plus souple : la chaux et le ciment sur le bâti ancien.

Sa mise en œuvre demande du soin : supports humidifiés, pas de travail en plein soleil ni par vent desséchant, protection contre la pluie pendant la prise.

Assurance : ce qu’il faut savoir

Les dégâts causés par une tempête, la grêle ou la chute d’un arbre relèvent en général du contrat multirisque habitation. Déclarez le sinistre dans les délais prévus par votre contrat et conservez les éléments endommagés jusqu’au passage de l’expert. Les fuites dues à l’usure ou au défaut d’entretien ne sont habituellement pas prises en charge pour la toiture elle-même, d’où l’intérêt d’une surveillance régulière : l’entretien des toitures.

Les premières questions

Questions fréquentes

Ma fuite n’apparaît que par gros orage, est-ce grave ?

C’est le signe d’un point faible qui cède quand le débit ou le vent dépasse un seuil : recouvrement insuffisant, noue trop étroite, gouttière qui déborde. Il faut l’identifier, car chaque épisode mouille un peu plus la charpente.

Peut-on réparer une fuite avec un produit d’étanchéité ?

Les mastics et les résines appliqués sur les tuiles ou les scellements sont des pansements. Ils masquent le défaut un temps, compliquent la réparation ultérieure et empêchent la terre cuite de sécher. C’est l’ouvrage lui-même qu’il faut reprendre.

Combien de temps prend une réparation ?

Tout dépend de l’ouvrage à reprendre, d’un scellement localisé au remaniement d’un versant ; la durée se précise au devis.

Faut-il refaire tout le toit si le faîtage fuit ?

Non. Le faîtage, les rives et les solins se reprennent indépendamment du reste si la couverture est en bon état.

La tache au plafond est loin de la cheminée, peut-elle en venir ?

Oui. L’eau entrée au droit d’un solin suit un chevron ou l’écran de sous-toiture et peut ressortir à plusieurs mètres. C’est la raison pour laquelle la recherche se fait depuis les combles autant que depuis le toit.

Un remaniement change-t-il l’aspect de mon toit ?

Non : les mêmes tuiles sont reposées, complétées par des éléments assortis. Le toit paraît seulement plus régulier, ses rangs étant réalignés.

Bon à savoir

Avant les travaux

Assurance de l’entreprise

Nos ouvrages sont couverts par notre assurance de responsabilité décennale, dont l’attestation vous est remise avec le devis. Pendant 10 ans à compter de la réception des travaux, cette garantie légale couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. Elle s’applique aux ouvrages de construction ; les interventions d’entretien courant n’en relèvent pas.

Formalités et Bâtiments de France

Certains travaux modifient l’aspect extérieur d’une construction : changement de tuiles ou de teinte, ravalement, création d’une ouverture, mur, clôture, portail, terrasse. Selon le secteur et le plan local d’urbanisme, une déclaration préalable peut être nécessaire ; nous vérifions ce point avec vous avant les travaux.

Lorsque la maison se trouve dans les abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial, les travaux visibles sont soumis à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, dont l’avis porte sur les matériaux, les teintes et les détails de mise en œuvre. L’instruction est alors plus longue : mieux vaut l’intégrer au calendrier dès le devis.

Un chantier soumis à autorisation ne démarre qu’une fois celle-ci obtenue.

Où intervenez-vous ?

Nous intervenons à Saint-Rémy-de-Provence et dans les Alpilles. Indiquez-nous votre commune : nous vous disons si nous pouvons nous déplacer.

Suivi du chantier

Le devis décrit les travaux prévus et les matériaux employés.

Commençons par votre lieu

Une toiture à reprendre.
Un lieu à faire évoluer.

Décrivez les ouvrages concernés, vos attentes et les éléments que vous souhaitez conserver.